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lundi 18 octobre 2021

Pourquoi et comment se préserver de FaceBook et le neutraliser, voire l'affaiblir ...

Il y a déjà quelques années, puisque c'était en 2016, Richard Stallman, qu'on ne présente plus, publiait sur son blog personnel une remarquable série de conseils à l'attention des personnes et des organisations s'affichant sur Facebook ou envisageant de le faire. J'ai ressenti le besoin d'y revenir tant l’acuité du sujet reste vive, voire s'est depuis gravement accentuée, la Toile et le microcosme politico-médiatique étant de plus en plus souvent - toujours très passagèrement - agités par les scandales provoqués par les atteintes à répétition à la vie et aux données privées des personnes. Le sujet est certes devenu banal, les journalistes appellent ça "un marronnier", mais tel le vaccin anti-COVID, il a besoin d'un rappel tous les six mois ...

La "collecte", on devrait dire le vol, d'informations à caractère personnel par les sites Web intrusifs s'alimente principalement à deux sources : 

i) les informations que nous fournissons nous-mêmes, plus ou moins consciemment et explicitement, et

ii) les traces que nous laissons en "naviguant"

Explications ...

1 - Pour commencer, les sites intrusifs nous incitent, voire nous obligent (pour nous laisser y accéder) à leur délivrer directement, ou indirectement, des données à caractère personnel :

Les méthodes et les dispositifs plus ou moins insidieux qu'ils utilisent pour arriver à leurs fins ne sont pas l'objet de cet article. L'important est que dans la plupart des cas l'internaute ordinaire n'a même pas conscience d'être manipulé et vampirisé.

Par exemple la plupart des gens qui déposent leurs photos personnelles sur Facebook ou consorts : Google Photos, Microsoft OneDrive ..., ignorent le plus souvent qu'elles sont instantanément et systématiquement analysées par ces sites et n'ont strictement aucune idée des performances des systèmes de traitement d'images, d’en-fichage et d'analyse des données mis en œuvre à leur insu : outre la date et l'heure de chaque prise de vue, généralement contenues en clair dans les données associés aux photos numériques, les lieux sont reconnus, ainsi que la plupart des personnes présentes sur la photo

Google arrive ainsi très souvent à déterminer qui était avec qui, où, et quand.

"Parano", vous avez dit "parano" ? Comme c'est "parano" ...

Je vais vous raconter une petite histoire qui m'est arrivée il y a quelques années et qui me fait encore froid dans le dos quand j'y pense ...

Je m'étais lancé à cette époque dans la numérisation de mes anciens négatifs noir & blanc pris dans les années 70. Pour beaucoup, je me souvenais à peu près de la date de la prise de vue, mais pas toujours de l'emplacement exact. C'était le cas par exemple d'un curieux Christ en croix, dans un cimetière ruiné quelque part, semblait-il me souvenir, entre le Cantal et l'Aveyron ...


A la suite d'une maladresse, donc involontairement, cette image s'est retrouvée brièvement dans "mon espace" Google Photo. Je ne l'utilise jamais outre mesure, mais les choses - vos photos - semblent pouvoir y tomber toutes seules et assez facilement si vous n'y prenez pas garde ...

Et là quelle ne fut pas l'indescriptible stupéfaction qui, littéralement, me figea quelques minutes sur mon clavier ??
 
Alors que mises à part celles inhérentes à leur numérisation aucune autre information n'accompagnait mes images, Google avait pourtant réussi, 45 ans après, à localiser très précisément ma prise de vue : Liaucous, en Aveyron !! .
 
J'ai eu, je dois l'avouer, un certain mal à retrouver Liaucous sur la carte, mais au prix de plusieurs recoupements, puis de la consultation des amis de voyage, heureusement encore en vie, qui ce jour-là m'accompagnaient, j'ai dû me rendre à l'évidence : la localisation fournie était parfaitement exacte, n'en déplaise à ma mémoire défaillante.
 
La "voiture Google" n'était pourtant certainement jamais passée dans ce cimetière oublié de tous. Alors ... comment ?
 
La seule explication que j'ai trouvée, c'est que Google avait pu rapprocher ma photo d'une ou plusieurs autres, déjà enregistrées dans sa base, mais elles parfaitement géolocalisées. Après tout, il n'y a guère d'endroits dans un pays comme la France, aussi "perdus" soient-ils, qu'on aient été les seuls à photographier. J'ai donc lancé une recherche manuelle - toujours "dans Google" (outil Google Lens) - de correspondance visuelle sur la base de ma photo, pour tenter de trouver sur la Toile d'autres images comparables.
 
J'ai alors bien "remonté" une foultitude de photos de vieilles croix et de calvaires, certaines ressemblant un peu à la mienne, mais aucune manifestement n'était localisée dans le même cimetière.
 
Si cette explication, qui reste une hypothèse, est la bonne, c'est donc bien que Google a utilisé des informations privées et non publiées par leur propriétaire, pour me localiser, moi, un demi-siècle après les faits.
 
Personne n'apparait sur ma photo, mais il y a de fortes chances que si les amis m'accompagnant ce jour-là y avaient figuré, ils auraient été identifiés et eux aussi localisés ... à leur insu autant qu'à la mienne ....

Moralité : un demi-siècle plus tard, Google, et les autres, peuvent savoir où vous étiez, et avec qui, même si vous vous l'avez oublié ...

 2 - Les sites exploitent aussi nos traces de navigation :

Dans le cas d'une navigation intra-site, le site enregistre bien évidement tous nos mouvements, c.à.d. quelles pages nous consultons.

Quand c'est Amazon ou la FNAC, c'est plutôt anodin, sauf si on recherche des explosifs, des vidéos de Daesh, ou des livres sur la fabrication de bombes bactériologiques. Ça leur sert parait-il "à améliorer notre expérience" du site, par exemple en sélectionnant les produits qu'ils nous présentent en tête de gondole afin de provoquer des actes d'achat compulsif, ce qui n'est pas très méchant.

Mais quand c'est Facebook, ou Twitter, notre navigation en dit immédiatement énormément sur nos orientations politiques, sexuelles, religieuses, sur ce que nous mangeons, où nous allons, mais surtout qui nous fréquentons.

À tel point que ce que nous racontons explicitement sur les "réseaux sociaux" en devient presque accessoire : leur miel, et celui des officines plus ou moins étatiques qu'ils camouflent, c'est le réseau de nos relations sociales ...

Dans le cas d'une navigation inter-sites, les choses sont un peu moins faciles, et c'est à ça que servent par exemple les "cookies" : en principe quand un site dépose des cookies, c'est pour son usage propre, le temps de la session, mais par défaut les cookies ne sont pas effacés quand on quitte le site (pour optimiser une visite ultérieure). Et la plupart des sites commerciaux, sinon explicitement malveillants, fouinent consciencieusement dans tous ces cookies qui trainent dans nos PC pour "documenter" (au sens des "services" : DGSE, NSA, etc.) votre "profil" ...

Mais le plus intéressant dans les conseils de Richard Stallman, c'est qu'il distingue bien ceux qu'il adresse aux individus (vous, moi ..) et ceux à destination des organisations (associations, entreprises ..).


Les conseils les plus immédiats de Richard Stallman

Pour les personnes :

  • Autant que faire se peut, éviter d'avoir et *surtout d'alimenter* des comptes sur les "réseaux sociaux" commerciaux (Facebook, Twitter, YouTube, Instagram, Snapshat, TikTok ...) et de naviguer sur ces sites. Il existe de nombreuses d'alternatives en "open sources" de ces pompes à m... et vous y trouverez tout autant de plaisir et d'intérêt que chez leurs indiscrets homologues commerciaux. Je vous recommande surtout Mastodon en alternative de Twitter, voire de Facebook, Telegram à la place d'Instagram, etc. Cherchez un peu, vous trouverez !
Et si VRAIMENT on ne peut pas faire autrement, alors :
  • Se connecter de préférence à partir d'un ordinateur au bureau, plutôt que de son ordinateur ou téléphone personnel.
  • Utiliser un navigateur indépendant (Firefox), et a contrario éviter soigneusement Edge, Chrome, Safari .., et surtout ces applications natives pré-installées sur les PC ou les téléphones quand vous les achetez, car elles vont fouiller dans l'appareil : agenda, carnet d'adresses, voire photos ..
  • Penser à paramétrer son navigateur pour qu'il purge automatiquement tous les cookies à sa fermeture (paramètres de confidentialité), et le fermer/réouvrir systématiquement après une session Facebook ou Twitter ...
  • Éviter comme la peste les tentations d'interactions "positives" avec les sites commerciaux (genre boutons "I like" et autres petits pouces vers le haut ...)
  • De façon générale, bidonner aux maximum les informations données au site (en évitant de faire de l'humour : plus ça parait sérieux et mieux c'est ...).
  • Disposer d'un ou deux comptes @mail "fantômes" qu'on n'utilise jamais pour son courrier électronique personnel mais qu'on pourra utiliser avec les sites commerciaux qui demandent une adresse de validation. Toujours éviter de donner son adresse @mail principale, enfin tant que c'est possible ...

Pour les organisations :

  • Pour elles, il s'agit principalement d'éviter d'entretenir les sites intrusifs, notamment les soi-disant "réseaux sociaux", en leur donnant du trafic, voire de contribuer à les affaiblir, d'abord en n'y publiant jamais rien de réellement informatif, ensuite en renvoyant systématiquement les visiteurs vers leurs propres sites Web. Il faut chercher à développer sa propre visibilité en s'appuyant sur celle du réseau social visé, et éviter l'inverse.
En fait on ne peut faire plus clair que Stallman ("Principes généraux", "Ce qu'il faut mettre sur Facebook, ce qu'il ne faut pas mettre", "Évitez la messagerie Facebook", "Éviter d'aider ou de promouvoir Facebook"), et le mieux si vous vous sentez concernés, car vous l'êtes (c'est comme la politique : "si tu ne t'intéresses pas à Facebook, Facebook lui s'intéresse à toi" ...), c'est encore d'aller lire et relire ce qu'il a écrit.

P.S. Ce qui m'intéresse chez Richard Stallman, c'est ce qu'il a dit, écrit et accompli depuis quarante ans, et certainement pas les cabales et autres campagnes de calomnies répandues à son encontre, dont la cible réelle étaient le mouvement pour le logiciel libre (et non faussé ...) et de la Free Software Foundation qu'il a créée, bête noire des GAFAs.

lundi 30 novembre 2020

Commencer avec Blogger ..

Mon blog n'est certainement pas, et ne sera jamais !, ni un modèle de sophistication, ni un exemple d'esthétique, celle-ci se limitant pour l'essentiel aux ressources, plus ou moins bien agencées, proposées par Blogger.

Voici néanmoins une petite liste de petits trucs à appliquer quand, comme moi, on se lance dans Blogger pour la première fois ..

1. Supprimez la barre d'outils affichée par défaut par Blogger, qui à mon sens alourdit le tableau sans grande utilité ..
  •  Allez dans le menu à gauche (s'il est masqué, cliquez en haut à gauche sur l'icône "Menu")
  • [Mise en page] --> Navbar --> [Modifier] --> Configuration de la Navbar --> [Désactiver]
 2. Choisissez votre thème
  • Allez dans le menu et choisissez "Thèmes", c'est facile.

3. Précisez le titre et (éventuellement) un sous-titre à votre blog, et choisissez une image de fond ..

  • Allez dans "Mise en page"
  • Dans le masque qui s'ouvre à droite, insérez un "gadget" "Entête de la page" dans la zone "En-tête"
  • Cliquez sur "Modifier" et renseignez les champs qui s'offrent à vous dans la boite de dialogue ("Titre du blog", "Description du blog", "Image" ..)

4. Ajoutez un champ de recherche DANS LE BLOG (qui n'est donc pas celui proposé par défaut par Blogger dans sa Navbar, puisque vous l'avez de toute façon bazardée ..) :

  • [Mise en page], puis ajoutez un "gadget" "Recherche dans le blog", où vous le souhaitez. Moi je l'ai inséré dans la zone latérale droite "Sidebar-right-1", mais moi je dis ça, je dis rien, hein ..
5. Définissez pour commencer une vingtaine de "descripteurs" (= catégories) des domaines que vous pensez aborder, c'est à dire des mots-clefs qui vont vous permettre d'indexer vos articles, et d'organiser un peu votre blog. Un article peut être indexé simultanément par plusieurs "descripteurs". En fait vous pourrez en définir autant que vous voulez au fil-de-l'eau, mais si vous souhaitez constituer un index de votre contenu qui reste affichable et utilisable en point d'entrée du blog, il vaut mieux que la liste n'en fasse pas des mille et des cent ..
 
6. Limitez autant que possible le poids de vos images à 50Ko.

 


jeudi 28 mai 2020

A small how-to for booting external UEFI supports in DELL systems

Reinstalling a new OS on your computer requires prior preparation of an "installation medium", which may be for example a DVD or a USB key, containing an "image" of the new system to be installed. This one has first to be downloaded as an "ISO" file from your system's reference website, before being saved, or burned, to the installation media.
We are then supposed to have a "bootable" external medium ("amorçable" for french speakers), which means that by inserting the DVD or the USB key in their drive, we may "reboot" the computer by asking him to restart from our installation media instead of its hard drive.

It is certainly sometimes necessary to access the "BIOS" program to complete this manip, but most of the time, if it is correctly configured, the computer should always, when restarting, detect the insertion of any external medium and try to read it before moving to its internal hard drive. In other words, it should *automatically* launch the installer provided on the installation media.

.. Except that we found that UEFI removable "bootable" supports may be difficult to be recognized and mounted by the American Megatrends firmware installed on DELL system. Please, don't ask Me why ..

It is not necessary to speak more here about the concept of UEFI, which is the concept of advanced boot loader now replacing the old BIOS. I just want to help everyone with a DELL system and experiencing this irritating problem at installation of a new OS, for example a Linux distribution.



First of all : a (64 bits) UEFI system needs absolutely to find the \EFI\boot\bootx64.efi file on the removable support to recognize it as bootable .

But even like that, DELL systems seem to be not able to mount and use automatically UEFI removable supports. A small complementary parametrization seems to be necessary :

1) Insert your external support (DVD, USB key ..) you want to boot from into your computer ;

2) Restart your system and enter the firmware ([F2] key ..) ;

3) Open the "Boot" index ;

4) The "Boot list Option" should be [UEFI]. If not (i.e. "[Legacy]"), your system is not running UEFI and this proc doesn't not concern you .. Exit ..

5) In "Secure boot", select [Disabled] (if not already ..) ;

6) In "File Browser Del Boot Option", delete any entry related to the USB or DVD ;

7) In "File Browser Add Option", you should see you USB sticks or DVD burner in the selection list, which means that the firmware has correctly detected and recognized it as an UEFI support :


8) Select your external UEFI support ;

9) Select "EFI" :


10) Select "bootx64.efi" ..


11) .. and give a name to your mounting (ex. "USB UEFI"..) ;

12) Your external support appears now in the Boot Options list. Give it the priority #1 in the booting sequence :


13) That's all folks ! Save your changes and restart your system without removing your external bootable support in place.

mardi 22 janvier 2013

Un "blog à tout faire", mais pour faire quoi au juste ? ...

 
« Le peu qu'on peut faire, alors il faut le faire mais ne pas avoir trop d'illusions. »
- Théodore Monod -

 

Éloge de la paresse 2.0

 
J'ai longtemps hésité avant d'ouvrir un blog personnel. Outre de temps à lui consacrer, je manquais surtout de conviction : pourquoi s'investir dans une initiative me semblait-il aussi dérisoire ? Car mis à part la Nature et l'Univers Cosmique, rien ne me confrontait aussi brutalement à mon sentiment d'insignifiance que mes virées virtuelles sur le Web : sur l'Internet, tout, et son contraire, n'ont-ils pas été dits déjà cent fois, mille fois ? L'impression que n'importe quelle requête, lancée sur Google ou Bing, va de toute façon ramener des centaines voire des milliers de réponses, d'images, de vidéos ..
 
Alors à quoi bon vouloir y rajouter encore et toujours son infinitésimal grain de sel ...
 
J'ai ri un jour (que l'auteur, que ne citerai pas, m'en pardonne) en tombant sur un "journal intime", car il y a des centaines de milliers sur le Web, délivré .. à la Terre entière ! Le bon vieux cahier d'écolier Clairefontaine, avec ses lignes Seyes, sa marge rouge, et un joli stylo à plume à l'encre bleue, cadeau de mon épouse, crissant doucement sur le papier par un bel après-midi d'été, à l'ombre de la vigne de ma pergola, me semblaient tellement plus appropriés que .. Blogger et mon clavier en plastique.
 
Quelles pouvaient donc être les motivations de ceux qui s'affichent ainsi : espoir (naïf) de sortir de l'anonymat ? Histrionisme 2.0 ? Remède au désœuvrement ? Angoisse de la mort ...

Même brillamment rédigées, leurs contributions me semblaient le plus souvent assez vaines (je n'ai pas dit futiles !), comme ces centaines de manuscrits d'été qui, chaque année à la rentrée, finissent dans les poubelles des éditeurs.

La vie est bien courte, notre temps compté, et nos traces sur la grève si éphémères qu'à peine imprimées la mer les efface ..



Alors, un blog, mais pour quoi faire ?

 
Plus sérieusement : pourquoi des *millions* de personnes, dont beaucoup n'avaient rien rédigé de sérieux depuis la fin de leurs études secondaires (au siècle dernier ..) se lancent-elles dans la création, puis la tenue d'un blog personnel ?

On peut tout d'abord se dire que si elles choisissent de se répandre sur l'Internet, c'est vraisemblablement parce qu'elles estiment avoir quelque chose à partager. Sinon, un simple traitement de texte, voire un bon vieux cahier et un stylo-plume, sont, comme je l'ai écrit, bien plus appropriés.

Ensuite, et sauf à considérer que l'énergie et le temps personnels n'ont strictement aucune valeur, après tout pourquoi pas quand on est immortel, tout auteur raisonnable d'un blog espère en retirer une certaine gratification, sous une forme aussi variable que peuvent l'être les motivations et les personnalités des gens : financière, à travers le support d'informations publicitaires pour le compte d'annonceurs commerciaux ; égotique, par le sentiment de sortir de l'anonymat ; narcissique, par la contemplation des commentaires des admirateurs qui adooorent votre réalisation (et vous par là même ..) ; gout du travail bien fait, pour les esprits militants ; enfin, et très souvent, il y a cette profonde et étrange satisfaction procurée par l'échange gratuit, désintéressé, et purement altruiste.

On peut ainsi, selon ce critère de la motivation de l'auteur, classer les blogs selon un gradient, qui va de l'égocentrisme le plus achevé à l'altruisme immatérialiste, certains, sinon la plupart, se situant à mi-chemin des deux extrêmes et les associant avec plus ou moins de bonheur.

Parmi les motifs les plus "égocentrés", de tenir un blog personnel, on peut trouver un réel plaisir dans l'écriture, indépendamment du fait d'être lu ou non. Il y a aussi le sentiment de totale liberté d'expression, dans le fond et dans la forme, qui peut en lui-même être très agréable.

Un peu plus ouvert : "le blog familial" destiné à ses proches et ses amis. Son immense avantage sur les "réseaux sociaux", genre Facebook, c'est sa totale indépendance éditoriale vis à vis d'un site propriétaire commercial : simplicité voire dépouillement fonctionnel, totale liberté de mise en page, pas de censure, pas d'espionnage ni d'exploitation de vos données ... Il reste néanmoins fondamentalement égocentré.

Une troisième catégorie de blogs égocentrés, très nombreux, sont les sites d'auto-promotion, particulièrement ceux des artistes et des créateurs artistiques. Il s'agit d'offrir un catalogue, ou un échantillon de sa production, ou de ses compétences : arts graphiques, photo, vidéo, musique .. On se situe souvent entre le blog personnel et le blog professionnel.

A l'extrême opposé, parmi les blogs "altruistes", on va trouver toutes sortes d'initiatives visant simplement à diffuser de l'information ou à publier des connaissances, "parce qu'une information ou une connaissance ne vaut que si elle est partagée".

Et puis, entre ces deux pôles, celui de l'égotisme et celui de l’altruisme, eh bien on va trouver l'énorme majorité des blogs réels, qui associent à la fois la volonté de "parler de choses intéressantes" à celle de se mettre en valeur à titre personnel, ou à la recherche d'un profit financier, généralement en accueillant une régie publicitaire censée monétiser le trafic engendré par le site ..

La vieille histoire de l'aiguille dans la botte de foin

 
Mais ce qu'il faut retenir selon moi de ces diverses motivations de tenir un blog, c'est ce qu'elles impliquent les unes et les autres en matière de cible d'audience, en conséquence, de nécessaire stratégie pour l'atteindre :
 
Certes les blogs d'auteur, ou familiaux, n'en auront "rien à cirer", puisqu'ils ciblent un auditoire prédéfini de quasi-abonnés, ou .. ne ciblent personne, c'est du moins l'impression qu'ils essaient de donner ..

Mais les autres, comme ceux à vocation commerciale ou de promotion personnelle, vont au contraire chercher à "taper le plus large possible" : le gonflement de son égo, autant que celui de son compte en banque, vont être en effet directement conditionnés par l'importance du trafic sur le site, c'est à dire sa capacité à "draguer" les internautes.

La dernière catégorie enfin, celle des blogs "altruistes", aura pour ambition, plus modeste, de simplement "toucher" le public concerné par le sujet traité, ni plus ni moins.

Pour les premiers, les blogs d'auteur, la question de la visibilité du blog est sans objet, puisqu'ils s'en fichent.
 
Pour les seconds tout au contraire, et sauf à disposer par avance d'une exceptionnelle notoriété personnelle, elle est critique : l'immensité tentaculaire du Web, c'est aussi, mais en bien pire, l'histoire de l'aiguille dans la botte de foin ... Ah mais je vous voir venir : "Et les moteurs de recherche alors, c'est pour qui ?...". Certes ces incroyables robots, développés par les Google, Bing et autres Qwant, confèrent au Web une praticité quotidienne qui a véritablement changé le monde, mais ils ne sont pas les amis du blogueur débutant, qu'ils mettent instantanément en face de sa totale insignifiance et son absolue invisibilité ..

C'est pourquoi, s'ils désirent vraiment surnager dans le Maelström du Web, les auteurs de sites visant une large audience ne peuvent échapper aux fourches caudines du référencement par les moteurs de recherche. C'est une problématique qui relève de ce que les anglo-saxons appellent le "SEO", pour "Search Engine Optimization", discipline susceptible de réclamer une grande expertise de la part de spécialistes, surtout quand il s'agit de référencer les "sites vitrines" de grandes organisations, ou de commerce en ligne.
 
Mais si on s'en tient à un blog d'amateur, celui-ci pourra déjà obtenir par lui-même des résultats intéressants. De nombreux sites donnent tous les conseils utiles à cette fin, et j'y renvoie directement les intéressés (j'aime bien le travail d'André Dubois).

Une bouteille à la mer

 
Ne trouvant personnellement aucun intérêt à la tenue d'un blog "égocentré", je n'étais pas davantage intéressé par l'idée d'ouvrir un blog à caractère commercial et, proche de la retraite, encore moins un site professionnel consacré à la démonstration de mes pourtant vastes compétences ...

Le doute, et surtout la paresse qui s'en nourrit, semblaient devoir l'emporter, quand une idée commença à m'asticoter : malgré sa profusion apparemment sans limites, ne reste-t-il pas quand-même, et peut-être même souvent, des interrogations bien spécifiques auxquelles le Web n'apporte pas de réponse satisfaisante ? Une problématique suffisamment incongrue pour que les moteurs de recherche ne nous renvoient pas vraiment d'information utile à son sujet ? Comme des friches, des trous noirs, ou plutôt blancs, nichés au cœur des milliards de pages qui constituent la Toile ...

Il m'apparut également que, par une sorte de manifestation de la loi des grands nombres, la fréquentation du Web est telle qu'il doit bien y avoir quelqu'un, quelque part, qui se pose déjà, ou sinon va bientôt se poser la même question que vous, aussi saugrenue soit-elle ... Et ça pourrait devenir intéressant, voire carrément "sympa" de pouvoir l'aider, peut-être même communiquer ...
 
A ce stade l'idée d'un "blog altruiste" devenait une option intéressante, mais confronté au même problème du chaos cosmique de l'Internet, comment ce "quelqu'un" va-t-il pouvoir apercevoir notre infime bougie sur l'océan ? Devrons-nous, nous aussi, passer l'épreuve du référencement ?

En fait la réponse est fort heureusement "non". Pourquoi ? Parce que le caractère spécialement "insolite" de notre message constitue son "passeport Google" : les moteurs de recherche lui accorderont d'autant plus d'intérêt, et donc de visibilité, que nos articles traiteront de concepts rares, caractérisés eux-mêmes par un vocabulaire riche, mais "improbable". C'est ce que les spécialistes du SEO appellent le "référencement naturel" et c'est précisément ce que réussissent en continu par exemple les sites scientifiques ou techniques très spécialisés, puisque c'est leur nature même que d'être hyper-spécifiques.

Nous ne devons cependant pas trop rêver en rédigeant nos premiers petits "posts", même très spécialisés, car leur rareté conceptuelle n'assure qu'une partie des scores que leur accordent les moteurs. Les spécialistes estiment ainsi à prés de deux-cent le nombre des critères qu'utilise Google pour qualifier les pages qu'il compile, indexe et classifie à l'écran. Une autre partie très significative des scores attribués par les robots dépend par exemple de la notoriété du contenu qu'ils indexent. Celle-ci est évaluée sur la base du nombre de références externes à notre blog, en fait les liens URL qui y renvoient, relevées par les robots au fil des dizaines de milliards de pages qu'ils indexent au fil de leur parcours du "Web", ce dernier point expliquant par ailleurs les délais souvent importants entre la mise en ligne d'un contenu et son apparition effective dans le classement renvoyé par les moteurs.
 
Donc plus notre blog sera cité par d'autres sites, et plus il grimpera dans les classements. Mais  me direz-vous alors, plus mon sujet sera "pointu", et moins justement il aura de chances d'être cité par d'autres sites, et donc d'être bien noté par Bing ou  Google ! Certes, mais en même temps, si votre sujet est tellement spécialisé que le résultat d'une requête se réduit à quelques pages, voire quelques références seulement, alors votre contribution aura une bonne chance d'y figurer.
 
Il restera cependant souhaitable d'être patient, et aussi de chercher à obtenir quelques liens externes, c'est à dire d'autres sites citant le vôtre. Là aussi de nombreux blogs fournissent différentes ficelles pour y parvenir, comme par exemple celui d'André Dubois, ainsi que toutes sortes de conseil pour rendre vos articles "appétissants" pour les moteurs qui les indexent.

En conclusion

 
Tenir un blog peut être utile, et même très utile, pour soi-même et pour les autres, et aussi fort motivant, mais à moins bien sûr d'être totalement indifférent au fait de perdre son temps, nous n'avons le choix qu'entre deux stratégies :

Soit nous nous adressons au plus grand nombre, en parlant de cuisine, d'automobile, de sport, de nos voyages, ou de tout autre sujet "grand public" : sous peine de volatiliser en vain notre faible énergie, nous devrons alors impérativement nous lancer dans la course mondiale au référencement. Et à moins bien sûr de vous appeler Bill Gates, Elon Musk ou Madonna .., "c'est pas gagné", surtout si on n'est pas un spécialiste de la question ...

Soit, à l'exact opposé, nous visons le public très restreint concerné par un domaine très spécifique, ce qui devrait nous permettre de faire l'économie de ce laborieux travail d''optimisation Google", à condition toutefois que vos articles ne soient pas spécialisés, mais hyper-spécialisés - et qui plus est d'un volume significatif (~2000 caractères : exactement comme ce post ..).
 
Alors, vous pourrez espérer ajouter quelques infinitésimaux grains de sable à la montagne du savoir universel, et sinon, eh bien c'est comme les jeter directement dans la rivière : personne ne vous lira jamais ..




Sainte-Anastasie-sur-Issole, 27 mai 2020.